Les trois visages de l’or : jaune, blanc, rose – histoire et secrets d’un métal précieux

Les trois visages de l’or : jaune, blanc, rose – histoire et secrets d’un métal précieux

10 décembre 2025

L’or que l’on voit dans les vitrines de bijouteries n’est presque jamais “juste” de l’or. Derrière une alliance en or jaune, un pendentif en or blanc ou une bague en or rose se cachent des recettes de métaux très précises, avec une histoire, des usages et parfois des idées reçues sur leur valeur.

Un point de départ : l’or pur n’est pas celui que l’on porte

L’or pur (24 carats, environ 99,9 % d’or) est naturellement d’un jaune légèrement rougeoyant. Mais il est aussi très mou : si on fabriquait une bague en or pur, elle se déformerait rapidement au quotidien.
C’est pour cela que l’on fabrique des alliages : on mélange l’or avec d’autres métaux (argent, cuivre, palladium, nickel, etc.) pour le durcir, modifier un peu sa couleur, et l’adapter à l’usage en joaillerie. Ces “ors colorés” sont bien documentés et regroupent notamment l’or jaune, l’or blanc et l’or rose. 

Le “nombre de carats” indique la proportion d’or pur dans l’alliage :

  • 24 carats : or pur (théorique)
  • 18 carats : 75 % d’or, 25 % d’autres métaux
  • 14 carats : 58,5 % d’or
  • 9 carats : 37,5 % d’or

Or jaune, blanc ou rose à 18 carats contiennent donc tous la même quantité d’or : 75 %.
Ce qui change, ce sont les métaux associés et donc la couleur, la dureté, parfois le prix de fabrication.

L’or jaune : la forme la plus “classique”

Histoire et symbolique

L’or jaune est la forme la plus ancienne et la plus immédiatement reconnaissable. Dans la plupart des civilisations (Égypte antique, Grèce, Rome, Inde…), c’est cette teinte dorée que l’on associe à la richesse, au soleil, au pouvoir.
Dans l’histoire européenne, l’or jaune est resté la norme pendant des siècles : couronnes, parures royales, médailles, pièces de monnaie… C’est ce “vrai or” auquel tout le monde pense spontanément.

Composition et fabrication

En bijouterie moderne, l’or jaune est en réalité un mélange d’or pur, d’argent et de cuivre.
L’argent permet de conserver la tonalité jaune caractéristique, tandis que le cuivre ajoute de la dureté et un reflet plus chaud. 
En 18 carats, on trouve par exemple une composition typique autour de 75 % d’or, le reste réparti entre argent et cuivre, dans des proportions variables selon la nuance souhaitée.
Plus le titre (nombre de carats) est élevé, plus la couleur est profonde. Un 22 carats, par exemple, aura un jaune très chaud, presque “royal”, tandis qu’un 14 carats tirera légèrement vers un jaune plus pâle à cause de la plus grande quantité de métaux ajoutés.

Usages en bijouterie

L’or jaune est très présent dans les alliances “traditionnelles”, les bijoux de transmission (baptême, communion, héritage), les parures inspirées de l’Antiquité ou des joailleries classiques.

Il a longtemps dominé les années 1970–1980, avant d’être un peu supplanté par l’or blanc, puis de revenir à la mode avec la tendance “vintage” et le retour des bijoux de caractère.

Valeur et perception

En termes de valeur financière, à carat égal, un bijou en or jaune vaut globalement la même chose qu’un bijou en or blanc ou en or rose si l’on ne regarde que la quantité d’or.
La différence vient éventuellement du coût des autres métaux utilisés (argent et cuivre sont relativement peu coûteux) et du travail de fabrication et du design.

L’or jaune reste donc un choix “classique” : stable, facile à revendre et très accepté sur les marchés de l’or.

L’or blanc : l’alliage moderne, entre technique et esthétique

Origines et évolution

L’or blanc est apparu plus tardivement, à partir du XXᵉ siècle, notamment comme alternative au platine. Le platine, très à la mode au début du XXᵉ siècle pour les bijoux fins et les montures de diamants est cher et plus difficile à travailler.
L’industrie a donc cherché un métal plus abordable visuellement proche : l’or blanc.

Composition : or + métaux “blanchissants”

L’or blanc est un alliage d’or avec un ou plusieurs métaux de couleur claire, généralement du nickel, du palladium, de l’argent et parfois du zinc. 

Ces métaux “blanchissants” éclaircissent l’or jaune et lui donnent un aspect allant du jaune pâle au gris légèrement blanc.
En 18 carats, l’alliage contient toujours 75 % d’or, mais la couleur naturelle reste souvent un blanc un peu “chaud”, légèrement ivoire.

Pour obtenir le blanc très lumineux que l’on voit en vitrine des bijouteries, la plupart des bijoux en or blanc sont recouverts d’une fine couche de rhodium, un métal de la même famille que le platine, très brillant et très résistant.
Avec le temps, cette couche s’use : le bijou peut alors reprendre une teinte un peu plus jaune/grisée. Il suffit d’un nouveau rhodiage chez un bijoutier pour retrouver l’éclat initial.

Aspects pratiques : allergie, entretien, confort

Historiquement, beaucoup d’alliages d’or blanc utilisaient le nickel, qui peut provoquer des allergies chez certaines personnes. Dans de nombreux pays européens, l’usage du nickel est aujourd’hui très encadré, et on privilégie souvent le palladium ou l’argent comme métaux de blanchiment, ce qui rend l’or blanc beaucoup mieux toléré par les peaux sensibles.

L’entretien consiste principalement à nettoyer le bijou (comme tout autre or) et refaire un rhodiage de temps en temps si l’on veut conserver un blanc éclatant.

Usages en bijouterie

L’or blanc est très apprécié pour les bagues de fiançailles et alliances contemporaines, les montures de diamants (le blanc met en valeur l’éclat de la pierre), les bijoux au style moderne, épuré, “design”.

Visuellement, il se rapproche de l’acier ou du platine mais avec une dimension plus chaude et un statut précieux.
Il séduit particulièrement ceux qui n’aiment pas le jaune, ou qui portent déjà beaucoup de montres et d’accessoires argentés ou gris.

Valeur et coût

En pure “valeur d’or”, un bijou en or blanc 18 carats vaut, là encore, autant d’or qu’un bijou en or jaune 18 carats. À la revente au poids, la différence est faible.
En revanche, le coût de fabrication peut être plus élevé par utilisation de métaux comme le palladium, plus chers que le cuivre, de la nécessité de rhodium (métal coûteux) pour le plaquage et des opérations supplémentaires en atelier.

C’est pour cela que, en boutique, un bijou neuf en or blanc peut parfois être légèrement plus cher que son équivalent en or jaune, à conception comparable.

L’or rose : la teinte chaleureuse et romantique

Un peu d’histoire

L’or rose (parfois appelé or rouge ou or “russe”) est un alliage d’or et de cuivre.
On le retrouve déjà dans des alliages anciens, les techniques de fusion n’étaient pas parfaites, ce qui donnait souvent à l’or un reflet rougeâtre.
Mais c’est au XIXᵉ siècle en Russie que l’or rose prend vraiment une identité propre, notamment grâce à Carl Faber, célèbre pour ses œufs joailliers créés pour la famille impériale. Il utilise ce métal rosé dans ses créations, ce qui lui vaut le surnom de “Russian gold”.

L’or rose connaît ensuite un grand succès dans les années 1920, à l’époque Art déco, puis revient régulièrement à la mode. Depuis les années 2010, il est de nouveau très présent, aussi bien en joaillerie que dans l’horlogerie, la mode et même le design d’objets.

Composition : l’importance du cuivre

L’or rose est essentiellement un alliage d’or et de cuivre, parfois avec une petite part d’argent pour adoucir la couleur. 
La nuance dépend de la quantité de cuivre :

  • or rose pâle : plus d’argent, moins de cuivre,
  • or rose classique : proportion équilibrée,
  • or rouge : forte teneur en cuivre.

Pour un 18 carats, on peut trouver par exemple 75 % d’or, environ 22–23 % de cuivre et quelques pourcents d’argent pour éclaircir un peu l’ensemble. 

Plus il y a de cuivre, plus la couleur est soutenue.

Usages en bijouterie

L’or rose est aujourd’hui très associé à :

  • une esthétique romantique et chaleureuse,
  • un style délicat, souvent choisi pour des bagues de fiançailles originales,
  • des bijoux “vintage” ou inspirés des années 1920–1930,
  • des collections mixtes où il est combiné à l’or blanc et à l’or jaune (ex : bagues “trinity”).

Sa couleur douce a aussi l’avantage d’être flatteuse sur beaucoup de carnations de peau, ce qui contribue à sa popularité actuelle.

Valeur et spécificités

Comme pour l’or blanc, à carat égal, un bijou en or rose contient la même proportion d’or qu’un bijou en or jaune ou blanc. La différence de valeur brute vient donc surtout : du cours du cuivre et de l’argent, du travail de joaillerie et de l’image de marque.

Le cuivre apporte une bonne dureté à l’alliage, ce qui rend l’or rose plutôt résistant. Il ne nécessite pas de placage comme l’or blanc ; sa couleur est dans la masse, elle ne “part” pas avec le temps (même si le bijou peut se rayer, comme tous les métaux).

Comparer or jaune, or blanc, or rose : usage, style, valeur

Sur le plan de la valeur

Si l’on raisonne uniquement en valeur d’or, et à carat égal (par exemple 18 carats) :

or jaune = or blanc = or rose

Les trois contiennent simplement la même quantité d’or pur. Les différences de prix à l’achat viennent :

  • des autres métaux utilisés (palladium ou nickel, cuivre, argent), 
  • des opérations techniques (notamment rhodiage pour l’or blanc),
  • de la marque, du design, de la rareté du modèle.

À la revente au poids, un affineur ou un comptoir d’or comme Kolidor s’intéressera surtout au titre (carats) et au poids, beaucoup moins à la couleur de l’alliage.

Comprendre ces nuances, ce n’est pas seulement connaître la composition d’un alliage : c’est saisir la dimension symbolique de ces métaux, ce qu’ils suggèrent, ce qu’ils racontent, la manière dont ils accompagnent les gestes de la vie.
L’or n’est jamais un simple matériau ; il est une matière qui dialogue avec la lumière, avec la peau, avec l’histoire de celles et ceux qui le portent. Et qu’il se teinte de jaune, de blanc ou de rose, il demeure ce qu’il a toujours été : un miroir de nos goûts, de nos traditions et de notre rapport à la beauté.

Et chez Kolidor ?

il convient de rappeler que, quelle que soit la couleur de l’or — jaune, blanc ou rose — sa valeur repose sur une base identique : le métal précieux qu’il renferme. Chez Kolidor, nous accueillons ces différentes nuances avec la même considération et la même exigence. Nous rachetons au poids tous les types d’or, sans distinction d’alliage ni de couleur, en veillant toujours à proposer une estimation juste, transparente et fondée sur la pureté réelle du métal.


Richard, expert Kolidor, répond aux questions sur l’or jaune, blanc et rose

Ah, l’or pur… c’est un peu comme une pâte à modeler de luxe : magnifique, précieux, mais beaucoup trop mou pour survivre à une vie de main humaine. Une bague en or pur 24 carats ? Elle se déformerait plus vite qu’un pain chaud entre les doigts. C’est pour ça qu’on le mélange à d’autres métaux : pour le durcir et l’adapter au quotidien.