Comprendre les poinçons sur les bijoux en or, en argent et en platine
Lorsqu’on achète un bijou en or, en argent ou en platine, on remarque souvent de très petites marques gravées sur la surface du métal. Ces empreintes, appelées poinçons, sont bien plus que de simples décorations. Elles constituent la preuve officielle de la teneur en métal précieux, mais aussi de l’identité du fabricant.
Comprendre les poinçons est essentiel pour reconnaître un bijou authentique, évaluer sa valeur réelle et éviter les contrefaçons.
En France, leur usage est strictement réglementé, ce qui en fait un véritable gage de confiance pour l’acheteur.
Qu’est-ce qu’un poinçon et pourquoi est-il indispensable sur un bijou en métal précieux ?
Un poinçon est une marque frappée dans le métal qui identifie soit la pureté du métal précieux, soit le professionnel responsable de la pièce.
On retrouve systématiquement ce système sur les bijoux en or, en argent et en platine, mais aussi sur certains objets précieux (couverts, pièces d’orfèvrerie, montres…).
Le rôle des poinçons est double :
- garantir la qualité du métal utilisé,
- assurer la traçabilité de l’ouvrage, en identifiant le fabricant ou l’importateur.
Cette obligation existe en France depuis le XVIIIᵉ siècle et reste aujourd’hui l’un des systèmes de garantie les plus stricts d’Europe. Grâce à elle, l’acheteur peut vérifier instantanément la vérité d’une annonce comme « or 18 Karats » ou « argent 925 ».
Poinçon de maître : la signature du fabricant ou de l’importateur
Le premier poinçon présent sur un bijou est le poinçon de responsabilité, souvent appelé poinçon de maître.
Il s’agit de la marque déposée par l’artisan, l’entreprise ou l’importateur qui commercialise l’objet. Il permet d’identifier précisément le responsable légal du bijou.
Ce poinçon est toujours unique : il comprend une initiale ou plusieurs lettres, associées à un symbole appelé « différent ». Il est détruit lorsque le professionnel cesse son activité, ce qui garantit qu’aucun poinçon ne puisse être réutilisé de manière frauduleuse.
La forme du poinçon de maître renseigne immédiatement sur le type de fabrication. Un losange désigne un ouvrage en métal précieux fabriqué en France. Un carré identifie les bijoux plaqués, tandis que le poinçon en obus est réservé aux pièces destinées à l’exportation. Lorsqu’un bijou en or ou en argent est importé depuis l’étranger, il porte un poinçon de responsabilité en forme ovale, différent de ceux utilisés pour les productions françaises.
Poinçon de titre : comment reconnaître la pureté de l’or, de l’argent ou du platine ?
Le second poinçon est le plus recherché par les acheteurs, car il atteste officiellement de la pureté du métal.
On l’appelle poinçon de titre ou poinçon de garantie.

Ce poinçon ne peut être apposé qu’après un contrôle réalisé par les douanes françaises ou par un laboratoire agréé, afin de vérifier que la teneur en métal précieux correspond bien à ce qui est annoncé.
Ce poinçon indique le titre au millième : par exemple, un bijou en or 750 ‰ contient 75 % d’or pur.
Les symboles changent selon le métal et le titre. On retrouve par exemple l’hippocampe pour l’or 999 ‰, la tête d’aigle pour l’or 750 ‰, l’amphore pour l’argent 999 ‰ ou la tête de Minerve pour l’argent 925 ‰. Pour le platine, les titres sont symbolisés par un manchot ou une tête de chien, selon le degré de pureté.

Les ouvrages très légers ne sont pas soumis aux mêmes obligations : les bijoux en or de moins de 3 grammes et les ouvrages en argent de moins de 30 grammes peuvent être vendus sans poinçon de titre. En revanche, le poinçon de maître reste obligatoire, même sur les pièces les plus fines.
Comment interpréter les différents poinçons de titre utilisés aujourd’hui en France ?
La France utilise un ensemble de symboles officiels, mis à jour en 2009, pour indiquer les titres de l’or, de l’argent et du platine. Chacun de ces symboles correspond à une teneur précise en métal précieux.
Pour l’or, on identifie par exemple :
- l’hippocampe pour l’or presque pur (999 ‰),
- la tête d’aigle dans différentes formes géométriques pour les titres 916 ‰ et 750 ‰,
- la coquille Saint-Jacques pour l’or 585 ‰,
- le trèfle pour l’or 375 ‰.
Pour l’argent, l’amphore, la tête de Minerve ou le cygne sont les symboles les plus courants.
Pour le platine, les poinçons les plus connus sont le manchot (999 ‰) et la tête de chien (entre 950 ‰ et 850 ‰).
Les ouvrages de provenance étrangère reçoivent des poinçons spécifiques, tels que le hibou pour l’or et le cygne pour l’argent. Cela permet de distinguer rapidement une production française d’une importation.
Les poinçons dans les cas particuliers : métal précieux en faible proportion, métaux juxtaposés et vermeil
Sur les métaux de faible valeur, l’absence de poinçon d’or peut être compensée soit par le poinçon du plaqué or, de forme carrée, soit par les poinçons spécifiques des trois grandes marques de plaqué (FIX, MURAT et ORIA) qui permettent d’identifier sans ambiguïté la nature non massive du métal.
Enfin, les objets en vermeil – ceux en argent recouverts d’une couche d’or – doivent porter un poinçon en forme de losange marqué de la lettre V, en plus du poinçon de l’argent. Ce marquage permet de distinguer le vermeil d’un simple bijou plaqué or.
Pourquoi savoir lire les poinçons est indispensable avant d’acheter un bijou ?
Savoir reconnaître un poinçon permet d’identifier correctement un bijou authentique, sa provenance, sa pureté et même sa valeur potentielle. Sur le marché de l’occasion ou de la joaillerie ancienne, cette connaissance est essentielle pour éviter les contrefaçons ou les bijoux surévalués. La présence d’un poinçon de maître et d’un poinçon de titre garantit non seulement la véracité de l’alliage, mais aussi la conformité légale de l’objet en métaux précieux.
Pour un particulier, la lecture des poinçons est un moyen simple et fiable d’acheter en confiance, qu’il s’agisse d’un bijou neuf, d’un héritage familial ou d’une pièce achetée chez un antiquaire.
Les poinçons expliqués simplement par Richard, expert chez Kolidor

Lorsque vous regardez votre bijou le poinçon est son point de repère. Un vrai poinçon est net, petit mais précis, jamais baveux. Sur l’or 18 carats, vous verrez par exemple une tête d’aigle. Si le symbole est flou, irrégulier ou semble griffonné, méfiance : un poinçon doit avoir été frappé comme un sceau officiel, pas dessiné à la main.
Les poinçons aiment jouer à cache-cache. Ils sont presque toujours placés dans un endroit discret : l’intérieur d’une bague, le dos d’un pendentif, le fermoir d’une chaîne. L’idée est simple : garantir votre bijou sans en gâcher la beauté.
La tête d’aigle, c’est un peu le “tampon royal” de l’or 18 carats en France. Quand vous voyez cet aigle, vous pouvez être certain que votre bijou contient 75 % d’or pur. S’il apparaît sans cadre autour, cela veut dire que le bijou est d’occasion.
La tête d’aigle, c’est un peu le “tampon royal” de l’or 18 carats en France. Quand vous voyez cet aigle, vous pouvez être certain que votre bijou contient 75 % d’or pur. S’il apparaît sans cadre autour, cela veut dire que le bijou est d’occasion.
Toujours la tête d’aigle. C’est comme le logo d’une grande marque : on le reconnaît au premier coup d’œil. Depuis plus d’un siècle, il représente l’or 750 ‰ en France.
Pour l’argent 925, c’est la fameuse tête de Minerve. C’est un symbole historique, très français, qui garantit que votre bijou contient 92,5 % d’argent pur. Si la Minerve n’est pas encadrée, c’est un bijou d’occasion. Le cygne, lui, signale un bijou importé.
Imaginez une signature gravée dans le métal. C’est ça, le poinçon de maître : l’identité du fabricant ou de l’importateur. Chaque artisan a son propre symbole, comme un blason. Il dit : “Je suis responsable de cette pièce, j’en garantis la qualité.”
À quelques plumes près, oui. Les bijoux en or de plus de 3 grammes doivent obligatoirement être poinçonnés. En dessous, c’est parfois dispensé. Mais il doit au moins y avoir le poinçon de maître. Un bijou en or sans aucun poinçon, c’est comme une voiture sans immatriculation : on doit se poser des questions.
Le vermeil, c’est l’argent qui a enfilé un manteau d’or. Pour le reconnaître, cherchez un V dans un losange, en plus du poinçon de l’argent. Sans ce V, ce n’est pas du vermeil, juste du plaqué.
Regardez la forme du poinçon de responsabilité : s’il est ovale, c’est un bijou importé. Et pour les poinçons de titre, les symboles changent aussi : le hibou pour l’or, le cygne pour l’argent. Deux animaux faciles à repérer.
Techniquement oui, mais ce sont des exceptions. Et comme tous les objets qui échappent à la règle, il faut les regarder de près. Un bijou censé être en or mais totalement dépourvu de poinçon mérite un contrôle : mieux vaut prévenir que guérir.
Bien sûr ! Un poinçon ancien reste comme un passeport : même s’il a vécu, il prouve l’identité de votre bijou. Certains poinçons d’époque sont même très recherchés par les collectionneurs.
Le poinçon est la clé d’entrée : il vous dit quel métal et quel titre vous avez entre les mains. À partir de là, on peut calculer la valeur de la matière. La valeur commerciale dépend ensuite du travail, de l’état et de la rareté du bijou. Le poinçon, lui, pose simplement les fondations.